Inquiry into Informal Spaces, 2017
Recherche architecturale, design, activités relationnelles, documentation photo
Paris / Gonesse

Le projet a suivi de peu une résidence à l’Institute for Provocation de Pékin, soutenue par Iaspis, le comité suédois des bourses artistiques, et prolonge la recherche d’Iris Lacoudre sur les espaces informels : des lieux communs capables d’accueillir une « intimité territoriale » (Jean-François Chevrier) qui dépasse la clôture de la sphère domestique. Plutôt que d’appliquer une stratégie préconçue, le projet a commencé par prendre soin du contexte existant, en deux temps sans hiérarchie entre eux.
La résidence a débuté par une enquête, dans les murs existants, sur les multiples façons dont les habitants de l’usine réinventent les usages et le programme de son architecture rationnelle. Cette observation attentive a pris la forme de discussions, de dessins et de représentations, et a aussi conduit à prendre part aux espaces informels et aux rituels collectifs – manger, faire de l’exercice, prier, parler, fumer. Les espaces informels deviennent une autre couche du plan de l’usine : de multiples « tactiques », au sens de Michel de Certeau, par lesquelles chacun s’approprie le lieu.
Dans un second temps, une intervention à toute petite échelle s’est infiltrée dans les usages de l’usine pour suggérer et soutenir une activité informelle : une table en tube d’acier, comme les chaînes de montage, pliante et pivotante, qui permet de grands déjeuners collectifs dans de nombreuses configurations et se range dans un casier. La résidence s’est conclue par un rassemblement dans l’usine autour de la table dépliée, couverte de nourriture, de livres et de dessins, et des plans dessinés par les ouvriers – autant de couches de la perception de l’usine.
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